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Nouvelles d'une tempête de sentiments.

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Mer 20 Fév - 20:47

Coucou,
Ce sont des petites nouvelles car je sais pas écrire plus long. J'espère que ça plaira à ceux qui auront le temps de le lire. J'en poste une seule pour le moment. Vos commentaires sont les bienvenues.

« L’été. L’été est la période idéale pour faire des rencontres. D’ailleurs les miennes ont été merveilleuses. Ils me manquent déjà beaucoup. Ils m’ont apprit que je pouvais faire face à ma timidité. Je ne suis pas insociable. J’aime les gens, il suffit juste qu’ils viennent vers moi. D’ailleurs, cet été m’a permis de réfléchir, de travailler sur moi-même. Beaucoup de personnes mûrissent l’été. Je pense avoir changé aussi. Un peu au moins. Ils m’y ont aidé. Tous ceux qui se sont rapprochés de moi. Et pourtant. Je reste joyeuse à l’idée de reprendre les cours. J’ai besoin de le revoir. Je pense à lui tous les jours. C’est incroyable que je puisse aimer cette personne à ce point, cette personne qui ne me connait même pas. C’est simplement inimaginable. J’ai cette impression, depuis deux ans, qu’entre nous il pourrait y avoir une passion forte, surement charnelle, mais forte. Et j’ai l’impression qu’on se râte. Qu’il est loin de moi, qu’il me voit mais qu’il n’ose pas. C’est stupide. Un sentiment pathétique d’une gamine. Je suis trop vielle pour ces bêtises. D’ailleurs, tout le monde me le dit, ce n’est pas un "coup sur". C’est un mec à femmes. Jamais il ne me serait fidèle. Mais j’ai encore ce pressentiment que je pourrais le faire changer, qu’il pourrait m’aimer vraiment. Je suis tellement stupide, tellement pathétique… Quoi qu’il en soit, dans trois jours je le vois. J’ai hâte et puis… Peut être aura-t-il changé… L’été nous permet de mûrir, pourquoi en échapperait-il lui…. »


Elle clôt son journal et le verrouille. Cela fait peu de temps qu’elle a recommencé à écrire dedans mais elle en ressent le besoin. Comme si ses jours étaient comptés. Elle a envie que si sa mort arrive que les personnes qui l’entourent puissent savoir ce qu’elle ressentait pour eux. C’est avec son sourire qu’elle ferme cet agenda. Un sourire épanoui. Et puis, cette année c’est celle du bac, à son issue, la liberté ! Bientôt la jeune femme sera majeure, libre de ses mouvements, libre de ses choix et surtout elle quittera ce lycée. Calfeutrée par les étages qui les séparent, elle entend sa mère qui l’appelle, Ilana. Oui elle n’a pas un prénom très commun mais elle s’en fiche. Elle l’aime bien ce prénom, doux, simple et fleuri. Enfin c’est ce qu’on lui dit. Elle soupire regardant l’heure. Effectivement elle va être en retard à son cours de parapente. Elle dévale les escaliers et rejoint sa mère dans la voiture.
Une vingtaine de minutes sépare la maison de la zone de décollage mais cela suffit à sa mère pour lui faire la moral : « elle reste trop enfermée dans la maison ». Soit. En faite, elle n’a pas franchement envi de sortir. L’adolescente préfère attendre la rentrée pour voir ses amies. Surtout qu’à la fin de l’année elle les verra pour la dernière fois et il faut qu’elle s’habitue à la distance. Arrivée là-bas elle sent cette odeur familière. Elle a quitté sa passion durant deux semaines alors qu’elle s’en est allée en vacances mais elle ignorait à quel point cela lui avait manqué. Elle se sent nouvelle, revivre complètement. Et, perdue dans ses pensées, elle heurte une personne. Une femme plus exactement.
« Excusez-moi. Je ne vous avez pas vue. Vous êtes nouvelle ? Je me présente Ilana.
-Hey ! Moi c’est Tressy. Je viens d’arriver dans le coin. Enchantée Ilana. Tu m’as l’air sympathique ! Pardon je n’ai pas la langue dans ma poche.
-Non non ça va. Dis-moi Tressy, d’où viens tu ?
-J’étais vers Avignon. J’en suis partie durant l’été. J’ai 18 ans et je vais aller au lycée Ferdinant pour continuer mon bac L.
-J’ai 17 ans et je suis au lycée Jean Jaurès, c’est dommage. Je passe un bac S pour ma part.
-Oh tu dois être une tête… »
Les deux filles se firent couper par la monitrice. Le vol en parapente se fait généralement à deux et ainsi, Tressy se trouva en compagnie d’Ilana. Cette sensation. Voler dans les airs, sentir le souffle du vent contre sa peau. En bonne compagnie en plus. Bien que Tressy soit une vraie pipelette le courant passe à merveille entre les deux adolescentes et une fois le pied posé à terre, elles échangent leurs numéros.


Trois jours se sont écoulés. Trois jours depuis qu’elle a connu Tressy. Elles ne se sont pas quittées. Sorties dans les bars jusqu’à des points d’heures ou boîtes de nuit. Tressy s’est rapidement intégrée dans la ville et elle est devenue assez connue. Quant à Ilana, disons qu’elle est trop timide encore pour être ouverte comme l’est Tressy. Parfois, Ilana pense que son amie n’a rien à faire avec elle. Elle qui n’est ni populaire, ni un looser. Et pourtant Tressy s’accroche à elle comme un oiseau à une branche. Mais ce n’est pas pour déplaire à Ilana qui a vraiment besoin de sa nouvelle amie. Un nouveau duo s’est formé et où l’on voit Tressy, on voit Ilana. Finalement, la rentrée les déprime. Elles n’ont pas envie de se quitter. Dire qu’avant, Ilana était pressée de LE revoir. Maintenant il n’existe presque plus.

Le lendemain c’est la rentrée et les deux filles flânent dans un parc. Ce soir sera sûrement leur dernière sortie avant le week end. Le soir tombe et Tressy propose à son amie de passer chez elle afin de manger avant de sortir. Une idée qui tente vraiment Ilana. C’est ainsi que les deux adolescentes s’en vont chez Tressy. Arrivée sur place, Ilana est clouée au sol. Non elles ne vont pas manger chez Tressy, elles vont danser chez Tressy. En effet, des néons de toutes les couleurs sont posés devant la façade de la maison. De la musique forte raisonne mêlée aux bavardages de jeunes. Un couple passe devant eux et longe le côté afin de rejoindre le jardin situé à l’arrière de la maison. Ilana ne les connait pas. A cet instant Tressy murmure que cette fête est la fête de la fin des vacances. Assez triste lorsqu’on y pense. Rapidement les deux jeunes femmes rejoignent leurs invités. Il y a tellement de monde qu’Ilana se perd dans la foule. L’alcool afflu et les corps se réchauffent lors de danses. Un peu poussée par des inconnus, Ilana renverse son verre sur un jeune homme. Elle n’ose lever les yeux afin d’apercevoir le visage de cet inconnu mais la voix de la victime la glace. Il a juste murmuré son prénom mais elle sait qui il est. Comment cela est il possible ? D’ailleurs lui-même semble perturbé par cette rencontre inattendue. Respirant un bon coup, elle regarde enfin le visage de la personne posté devant elle. Même si elle le savait, ne peut s’empêcher de murmurer avec étonnement le nom du jeune homme : « Dylan ». Dylan, LUI, LE, celui qui a hanté ses pensées tout l’été. Que fait-il ici. Elle sent qu’il la détaille. Il ne devait pas s’attendre à ce qu’elle soit à une fête. Il doit penser qu’elle est geek et intello. Deux adjectifs qui horripilent la jeune femme soit dit en passant.
« Que fais tu là ? »
Elle a réussi, elle lui a parler. Cela fait si longtemps qu’ils sont dans la même école mais qu’ils ne se sont jamais parlés. C’est étrange. Il sourit. Un sourire si charmeur.
« Avant de m’agresser. Tu pourrais t’excuser. »
Elle rougit. Il n’a pas tord, où sont passés ses manières et sa politesse? Elle se sent étrangement bien mais en même temps elle ne veut pas le laisser gagner. Il ne l’aura pas si facilement. Ou alors il ne la veut pas. Ce qui peut être possible aussi.
« Excuse-moi. On m’a bousculé et voilà.
-Pas grave. Aller, je t’offre un verre. »
Elle hoche la tête. Elle n’allait pas refuser. Ilana passe donc la soirée en sa compagnie. Une soirée à rire, discuter et boire. Durant tout ce temps, Tressy ne la lâche pas du regard. Les heures défilent et la rentrée se rapproche mais pour Ilana, la rentrée à déjà commencé. Elle ne veut pas rentrer, le quitter même si elle le revoit le lendemain, elle sait que ce ne sera pas tout à fait pareil. Ce ne sera pas le même sentiment. Et pourtant il lui faut rentrer chez elle afin de profiter à fond du lendemain. Accompagnée de Tressy, la jeune femme se résout à revenir chez elle.

La rentrée s’est plutôt bien déroulée. Pas comme elle l’avait prévu d’ailleurs. Il ne s’était pas montré froid ni même distant. Dès le premier cours il lui avait parlé. Trop tôt pour qu’il s’assoit à côté d’elle mais Ilana a de bons espoirs. Ca fait maintenant un mois qu’ils sont en cours. Parler avec Dylan lui a ouvert des horizons, la possibilité de parler à de nouvelles personnes. Son numéro est dans beaucoup de répertoires. Elle n’a pas perdu le contact avec Tressy, au contraire, leurs soirées sont de plus en plus longues et fréquentes. En conséquence, les notes d’Ilana ont bien sûr baissées mais elle les garde toujours assez hautes. Et pourtant, jamais la vie n’offre jamais que des cadeaux. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, surtout pas lors d’une histoire.

« Ilana, t’as reçu un message. »
La jeune femme regarde sa copine surprise. En pleine discussion, elle n’a pas entendu son téléphone sonner. Coupant son récit, elle fouille son sac pour finalement le trouver dans sa poche. Son sourcil s’arque lorsqu’elle lit ce message envoyé par un inconnu : « Je t’apprécie beaucoup Ilana, je voulais que tu le saches. ». Ce message, bien qu’envoyé par un anonyme, lui met du baume au cœur et c’est avec un petit sourire qu’elle y répond que si elle ne sait pas qui il est c’est du gâchis. Ses copines, lancées sur une autre discussion, ne la questionnent pas, ce qui permet à l’adolescente de s’enfermer dans une mini bulle afin de discuter avec cet inconnu.
Le soir, elle ne rentre pas chez elle. Comme souvent, elle se rue chez Tressy. Les deux femmes attrapent un verre de jus avec des cookies et montent à l’étage. Là Ilana déballe toute l’histoire à son amie. Elle lui montre les messages de ce jeune homme qui semble assez timide mais qui aimerait connaitre mieux la jeune femme. Cette dernière a essayé toute la journée de convaincre cet anonyme de se faire connaitre, sans résultat. Néanmoins, leurs discussions ont égayé Ilana. Le silence se pose entre les deux femmes. Notre héroïne que son amie dise quelque chose, juste un mot lui suffirait. Mais Tressy ne dit rien. Il n’y a rien à dire d’ailleurs. Au final, cette dernière prend quand même la peine d’ouvrir la bouche afin de murmurer un petit « c’est cool » à son amie. Mais elle a l’air ailleurs. Si bien que lorsqu’Ilana s’en va, elle ne cherche même pas à la retenir.
Dès le lendemain elle a des nouvelles de cet inconnu. Il peut être n’importe qui dans cette vaste école. Cet évènement a donné à Ilana de la confiance en elle. Bizarrement, cette confiance se sent dans ses gestes et Dylan s’autorise à s’assoir près d’elle en français. Le duo ne suit pas vraiment le cours mais discute, apprend à se connaître. Durant ce cours, elle ne répond plus à son inconnu. Elle n’en a pas envie, elle veut être juste à lui. Et alors qu’elle sort de cours elle reçoit un message : « c’est sympa de m’ignorer comme ça juste parce que l’homme de tes rêves est près de toi. ». Le cœur de la jeune femme s’arrête un petit moment. Premièrement l’homme inconnu est dans sa classe et deuxièmement, il connait l’attirance d’Ilana vers Dylan. Confusément elle essaye de se justifier, de lui expliquer qu’elle ne ressent rien pour le jeune homme mais rien n’y fait, elle n’est pas douée pour mentir. L’inconnu semble vraiment jaloux et déçu. Tant pis. De toutes façons elle ne sait qui il est alors ça a moins d’importance. Le soir même, l’amoureux s’excuse de s’être énervé et supplie la jeune femme de lui pardonner son comportement. Pardon qu’il obtient rapidement. La fin de semaine se déroule sans aucun souci. Dylan est toujours proche d’Ilana et le duo s’entend très bien et l’inconnu reste agréable. Par contre, personne n’arrive à savoir qui il est et la jeune femme commence à douter du fait qu’il soit dans sa classe. Ce week end, elle ne sort pas, Tressy a refusé de la voir. Elle ne comprend pas et espère que c’est parce qu’elle a rendez vous avec quelqu’un d’autre. Alors qu’elle se couche dans son lit, elle reçoit un message de l’inconnu : « tu es si belle en pyjama. ». Déroutée, la jeune femme court dehors dans l’espoir de le voir mais rien n’y fait, elle ne le trouve pas. C’est avec ce message que le calvaire commença.
Alors qu’elle prenait sa douche pour aller en cours, elle reçut un message, encore de l’inconnu : « Nue aussi tu es belle. ». Cherchant partout, elle ne trouve personne. Un peu perturbée, elle va en cours. Cet homme viole son intimité et la vit nue. Elle a l’impression d’être dévoilée aux yeux de tous. Encore une fois, cela se ressent sur ces gestes et son visage. Dylan l’intercepte.
« Que se passe t’il ?
-Rien, rien. Laisse tomber Dylan. »
L’adolescente lui sourit pour lui faire prendre confiance mais s’en va furtivement. Alors qu’elle est en français l’inconnu se manifeste-lui expliquant qu’il ne supporte pas de voir cet abruti de Dylan près d’elle. A chaque action qu’elle fait, un message l’accompagne. Il est là, partout. Il la suit. « Bon repas », « Ah tu n’as pas mangé tes concombres, c’est bon pour la santé », « Mince un 13 en math, ça doit te faire mal », « Oh ton bus est comble »… La journée fut horrible pour la jeune femme et lorsqu’elle descend du train et qu’elle reçoit : « Aller, bientôt chez toi. Enfin ! » La jeune femme panique et court. Elle ne rentre pas chez elle, elle se rue chez son amie. Croire qu’elle peut le semer, qu’il ne peut la suivre ou qu’elle aille, qu’elle ait enfin un peu de repos mais arrivée chez elle un message la fait fondre en larmes : « Pourquoi chez elle. Je ne la supporte pas. En plus je préfère te voir quand tu es seule chez toi. ». Tressy l’entend et rapidement ouvre la porte à son amie. Les messages soutiennent les dires d’Ilana. Les deux femmes sont effarées. De son téléphone, Tressy essaye les menaces pour calmer cet inconnu mais, alors qu’elle reçoit la réponse, son visage se ferme plein de suspicion et de peur. Une fois calmée, Ilana rentre chez elle. Tressy a réussit à la convaincre qu’avoir quelqu’un pour veiller sur elle lui éviterait d’avoir un problème comme quelqu’un qui cherche à la violer ou autre et si cet homme était dangereux il serait surement déjà passé à l’act.
Ilana devient de plus en plus fermée. Elle est sans cesse harcelée par ces messages et Dylan le sent c’est ainsi que quelques jours après le premier message il la prend à part. Le téléphone de la jeune femme sonne et elle ne peut s’empêcher de lire. Elle a tellement peur qu’elle a besoin de lire tout ce qu’il lui dit afin de savoir s’il est encore proche d’elle. « Fait attention, il n’est pas bien. Fait attention à toi, ne reste pas avec lui, je te suffirais. ». Dylan lit le message par-dessus l’épaule de la jeune femme, forcément. Ce message, comme les autres, chamboule la femme pourtant, cette fois elle craque. Dans les bras du jeune homme elle se lâche, lui expliquant toute l’histoire, la peur qu’elle ressent. La lâchant il se lève brutalement et crie.
« Qui que tu sois ! Arrête ton jeu débile ! Elle n’a pas besoin d’un emmerdeur comme toi ! Et si tu continues, si tu continues et bien nous te trouverons et on te fera ta fête ! Tu m’entends ! »
Le téléphone de la jeune femme sonne : c’est la réponse. « Et bien mon beau Dylan. Tu ne peux rien contre moi. Rien. Et c’est ainsi que je te domine. ». Le jeune homme prend la main de la fille et l’entraîne dans les couloirs. Il a la même réaction que la femme lorsqu’elle est sortie du train. Il veut le battre, lui montrer qu’il ne peut être partout. Puis dans un coin, il murmure à l’oreille de l’adolescente qu’il va la protéger, que cette personne ne pourra lui faire du mal. Ilana se sent subitement rassurée, dans les bras de son amour, elle vole. La sonnerie de l’école la ramène brusquement dans la réalité. Tremblante encore, elle va en cours mais n’arrive plus à se concentrer. Comment se concentrer alors que l’on sait que l’on est épié. D’ailleurs, il ne tarde pas à se manifester lui envoyant quelques messages sur le cours qu’elle suit. A croire qu’il a pris toutes ses options, qu’il est dans sa tête. Soudain elle a besoin d’air, besoin de réfléchir. C’est en courant qu’elle quitte sa classe et rejoint les toilettes. Il ne peut avoir prit toutes les mêmes options que la jeune femme et comment a-t-il sut où elle habitait. Tout cela n’a pas de sens. Se pourrait il que ce soit elle. Qu’elle s’envoit ces messages elle-même afin d’avoir une importance ? Non elle n’est pas comme ça. Et si elle avait un dédoublement de la personnalité ? Non Dylan ou Tressy l’aurait vue. Elle est en train de devenir folle et elle se demande si ce n’est pas ce qu’il souhaitait. Après tout, il n’aimait pas qu’elle fréquente Dylan. Elle aurait dut l’écouter. Il faut qu’elle arrête de penser, calmer son cerveau. Sans réfléchir, elle bouche un évier et laisse couler l’eau. Une fois l’évier plein, elle plonge la tête dedans. Le silence et la sensation avec l’eau la calme un peu et vide sa tête. Malheureusement, dès qu’elle relève la tête, son téléphone sonne : « j’ai cru que tu voulais en finir. Si tu veux je peux t’aider, je te suivrais dans la mort après. ». Elle soupire. Irritée, elle balance le papier qui avait servi à boucher contre la porte d’un toilette. Ensuite elle cri.
« Laisse-moi ! Laisse-moi ! S’il te plaît laisse-moi !! »
La rage, la haine et la peur ont laissé place à la tristesse et elle pleure seule, assise dans les toilettes alors que les larmes inondent son visage. Un nouveau message : « Jamais. Je ne te laisserais jamais tomber. ». Désespérée, elle laisse tomber son téléphone sur le sol, enlace ses jambes avec ses bras et plonge sa tête dans le noir.
Une fois calmée, Ilana s’autorise à retourner en cours. Sa crise dans les toilettes lui fait gagner une après midi sans message. Et alors qu’elle rentre chez elle, son silence et calme est perturbé : « Ce n’est pas très prudent de rentrer seule chez soit lorsqu’il fait nuit. ». Vivement elle se retourne. Une silhouette à capuche la suit. C’est lui ! Elle en est sure ! C’est lui ! Elle le tient enfin ! Elle fait demi-tour et de plein fouet, elle heurte la personne. Un jeune homme enlève sa capuche afin de faire découvrir son fin visage blanc et ses cheveux blancs. Elle ne le connait pas. Elle ne le connait pas ! Et vu l’interrogation qui se porte dans ses yeux, il ne la connait pas non plus. Elle le regarde. Bafouille une vague excuse. Ses yeux s’emplissent de larmes. Ce n’est pas lui ! Le cauchemar n’est pas terminé. Elle hésite à en parler à ses parents mais s’y résout. Ils ont déjà trop de problèmes. Elle chute sur le sol, vidée de force. Elle ne peut rien faire contre lui. Il la domine, il domine Dylan, il domine Tressy. Il sait tout. Une voix dans sa tête – sa raison – lui fait comprendre qu’il faut qu’elle se relève et rentre. Elle peut s’en sortir mais pour ça il lui faut de la force. Il ne faut pas qu’elle s’abatte. Respirant un grand coup elle se lève. Ilana rentre chez elle avait le sourire. Rien ne se passe, tout va bien. Elle rattrape son retard. Il ne l’embête pas, elle est assez détruite et il savoure surement sa victoire mais elle n’a pas dit son dernier mot. Elle n’est pas vaincue. Ce n’est qu’une bataille. La guerre sera remportée par elle.
En cours, Dylan met tout en œuvre pour la protéger. Ses amis sont assis près d’Ilana comme des soldats. Ensemble ils ont décidé de bloquer son numéro. C’est ainsi que la jeune femme goûte à une semaine de tranquillité. Avant que tout déraille à nouveau. L’école possède des hauts parleurs et alors qu’elle suit son cours de français, une musique angoissante raisonne dans l’école. C’est une musique présente dans l’ipod de la jeune femme. La classe se tait, perturbée. Ilana sait. Elle sait que c’est lui. Les larmes montent à ses yeux alors que la chanson défile. Il connait tout d’elle, comment peut elle gagner. Dylan la regarde, plein de compassion et tristesse pour elle. Alors que la musique se termine, il la tire par la main et s’élance dans les couloirs. Seul le proviseur peut utiliser les hauts parleurs, l’inconnu doit être dans son office. Essoufflés, ils arrivent à son bureau. Clos. A coup d’épaules, Dylan ouvre la porte condamnée. Ilana ne peut étouffer un cri lorsqu’elle voit ce qu’il s’y trouve. Dylan détourne les yeux et emmène sa protégée loin de la vision. Dans la salle, le proviseur est attaché la tête haute. Du sang a coulé le long de son corps et sur la vitre il est écrit : « tu ne peux m’échapper Darling ». Ne pouvant se soutenir plus longtemps, l’adolescente s’écroule. Ce n’est pas elle, maintenant elle en est sure. Elle n’a pas de dédoublement de personnalité. Mais elle est poursuivie par un fou. Un fou dangereux. Un fou qui tue sans vraiment d’hésitation. L’arrivée des policiers lui semble floue et elle suit peu des yeux le déroulement des actions qui se passent devant elle. Quelqu’un la force à se relever par les épaules. Il la déplace sans qu’elle n’ait de force pour contrer l’action. De toute façon, si c’était quelqu’un de pas net, Dylan l’aurait empêché. A moins qu’il soit mort lui aussi.
Elle passe la journée dans l’office d’un policier auquel elle raconte toute son histoire. Il lui conseille vivement de ne pas retourner en cours, elle refuse. Elle a au moins besoin d’être avec des gens et comme il connait son adresse. Elle transmet le numéro en attente de réponses. La police est longue et elle sait très bien que rien n’est terminé pour le moment. Retournant en cours le lendemain, Ilana est à nouveau visée. Des photos d’elle sont posées partout dans les couloirs. Elle dans sa douche, elle dormant, elle mangeant, elle au parachute, elle avec Tressy, elle avec Dylan, elle avec sa sœur, elle avec sa mère, elle avec son père, elle au restaurant. Elle, elle, elle, elle. Partout. En double, en triple, en quadruple. Et sur toutes les photos le même message. « Ilana tu n’es qu’à moi. ». Elle ne pleure pas cette fois, elle n’y arrive plus. Folle de rage, elle s’élance sur les photos, une par une, elle les arrache. Rapidement Dylan vient l’aider ainsi que des amis à elle. Ensemble, ils les brûlent à l’aide d’un briquet. Une par une. Cette histoire semble sans fin pour Ilana. La femme s’attarde sur la photo avec Tressy. Son visage lui rappelle quelque chose mais elle n’arrive à y mettre le doigt. Quelques heures après, la police l’appelle : ils ont trouvé à qui appartient le numéro de téléphone. C’est à un jeune homme nommé Johan Martins. Ce nom. Un nom qu’elle a entendu cet été. Le nom de sa meilleure amie. Tressy Martins. La police lui annonce en plus que ce Johan est un fou interné dans un asile. Sauf que récemment, il s’en est enfuit. Une photo arrive sur son téléphone. C’est le blond. Le blond de la rue. Le blond qu’elle a renversé. C’était lui ! Ca l’avait toujours été. Elle ne peut plus rester en cours, elle doit voir Tressy comprendre l’histoire. Alors qu’elle reçoit un message : « Elle t’aimait plus que tu ne l’aimais. Je ne veux plus que vous soyez séparées. ». Sans comprendre le message, elle n’y fait attention et court dans les rues de la ville. Bientôt Ilana comprendra l’histoire et bientôt elle en sera débarrassée. Essoufflée, elle ralentit sa course pour marcher. Mal lui en prit. Sans rien comprendre, elle sent un choc sur sa tête, le sol se rapproche à une vitesse folle et rien n’arrêta sa chute. A terre, le néant remplace le soleil chaud qui coulait sur elle. Elle ne sent plus rien, ne pense plus à rien. Elle respire simplement mais elle n’existe plus comme une vraie personne à part entière.

Une lumière surgit du néant quelques secondes après. Le paradis ? La lumière devint de plus en plus forte jusqu’à ce qu’elle lui brûle les yeux, l’obligeant à les ouvrir. Enfin à les cligner. Ils sont sur une falaise. Une falaise d’où Ilana s’élance souvent en parachute accompagnée de Tressy. La lumière l’aveuglant n’est que le soleil. Ligotée, elle ne peut se lever mais tournant la tête elle aperçoit son amie. Cette dernière est effrayée et ligotée pareil. Devant elles une ombre qui masque un peu le soleil. Pas besoin de voir pour comprendre qui est cette ombre.
« Vous êtes réveillées ? Tressy ma princesse. Ma petite sœur. Je sais que ton cœur te fait mal et je veux que tu n’ais plus jamais mal. Quelle idée de tomber amoureuse d’une fille. Tant pis. Tel roméo et juliette, vous allez mourir ensemble, finir votre vie et commencer une histoire d’amour au paradis. Ce ne sera pas douloureux. Vous allez vous endormir doucement et à jamais. Le poison dans vos veines a déjà commencé son action. Ensuite je vous balancerai de la falaise afin de vous viviez une dernière fois votre passion. Voler puis tomber. N’est-ce pas beau ça ? On vit tous et un jour on tombe. C’est ça vivre d’ailleurs. Voler l’espace d’un instant. Sortir de la tourbe. Et ensuite plus rien. Ensuite on tombe. On s’écrase. On se prend des baffes et on a mal. C’est de ça que je vous sauve. D’avoir mal. De la souffrance. Il est tant de sortir de ce cauchemar. Non ne parlez pas, vous ne pouvez pas. Je ne sais ce qu’il m’arrivera à moi mais ne vous en faites pas. Remerciez-moi juste de vous avoir sauvée. Ma sœur chérie. Je t’aime tellement et j’espère que tu m’aimes aussi. Je te tue pour te donner une nouvelle chance. Une chance d’être débarrassée de toutes souffrances. »
Doucement, il se penche afin d’embrasser sa sœur. Son unique amour. Le poison affaiblit de plus en plus les jeunes femmes. Elles sombrent doucement bien qu’elles luttent afin de garder les yeux ouverts. Les paupières sont lourdes, leurs respirations plus lentes. Elles, ne ressentent plus. Elles n’existent plus en quelque sorte. Un dernier mouvement leur permet de lier leurs mains. « A notre amitié ». Une amitié si belle, si fraîche qui lui a permis de voler. D’être heureuse. Une amitié qui l’a fait sortir de sa vie habituelle. Une amitié qui lui a fait rencontrer Dylan. Une amitié qui la rendue si heureuse et elle n’a rien vu. Elle n’a pas comprit que son amie souhaitait être plus. Allongée ainsi Ilana comprend qu’elle aurait put être heureuse avec Tressy. Si heureuse. « Mon amour ». C’est la dernière pensée de la jeune femme. Il est temps. C’est fini. Elle laisse son corps se calmer et s’endormir à jamais. Elle sent un peu le jeune homme soulever ce lourd corps sans vie puis elle sent. Toujours liée à son amie, elle vole. Un coup de feu résonne mais elle ne peut réfléchir. Les deux femmes volent. Le sol se rapproche mais aucune sensation ne vient les troubler. Ni la peur, ni même l’air qui s’engouffre dans leurs vêtements. Le contact avec l’air. Le sentiment de voler. Sentiment recherché par tous. Elles ne sentent pas ce qu’elles ont toujours aimé. Ça n’existe plus. En plein vol elles rejoignent le néant ou le paradis. Appelez cela comme vous le souhaitez.


Boule de Neige
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Jeu 21 Fév - 19:43

C'est très beau ta facon d'écrire nous entraine dans l'histoire .En tout cas tu as un style magnifique continue tu as du talent!! la fin est triste mais tellement bien xD


Sculpteuse de Glace
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Jeu 21 Fév - 20:09

Han Rominou ! T'es trop mignon !! Merci :D Mais j'ai beaucoup à apprendre encore.


Déesse Glacée
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Ven 22 Fév - 0:42

Wahou. Y a pas à dire, tu écris superbement bien. J'ai tout de suite accroché. On rentre vite dans l'histoire. J'avoue que le dialogue du début quand elles se rencontrent me paraît brusque, ce qui m'avait gêné dans in premier temps. Puis, on se laisse emporter par la lecture. Et quand on arrive à la fin, c'est tout aussi brutale. Émotionnellement ( new mot ) parlant. J'en suis toute retournée, émue, je sais pas trop. Je trouve ça si triste. Le message est tellement profond derrière. Réussir à faire passer des émotions comme ça, je trouve ça digne des plus grands. C'est sûrement vers le moment où le fou se fait plus insistant que je suis rentré dedans. Moi qui flippe pour un rien, j'ai bien flipper dès ce moment. Voulant savoir la fin à tout prix sans pour autant m'avouer la dur réalité du récit. Ça m'a fait le même effet que quand j'ai lu le manga No Doubt à 1h du mat. Bon là la fin est peut être évidemment moins flippante, mais ça reste dans le genre. Et puis l'histoire est bien ficelé, je n'avait pas du tout penser à tel dénouement. Bref, je ne saurais trop expliquer au mieux mon ressenti. Je trouve pas mes mots, je suis trop remuée for the time, mais juste, continue à écrire Hurri tu as la plume.





« Ce qu'il y a de bien avec la neige, c'est que c'est biodégradable. Enfin, seulement à court terme. »
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Ven 22 Fév - 16:58

Han t'es trop mimi ! Ton commentaire m'a vraiment fait plaisir. Moi qui trouve que j'ai une écriture traînante et peu emportrice (new word too), ça m'a vraiment touché.
Comme tu le dis si bien, j'ai tendance à commencer trop tôt mes "histoires" car j'ai peur d'endormir le lecteur.
Pour le "fou" j'ai vraiment aimé écrire, j'étais emportée. C'était dessus que je voulais basé l'histoire et j'aurais aimé réussir à faire encore plus avec lui. Malheureusement, le temps m'a rattrapé pour cette histoire car je l'ai publiée pour un concours sur EX. Enfin bref. Je suis contente que ça t'ait plu à toi aussi !


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 Nouvelles d'une tempête de sentiments.
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